Veridis Quo

Lola Gonzàlez

4 juin — 27 août 2016

Chaque film que fait Lola Gonzàlez invente celui d’après. L’ensemble dessine une obsession, comme un rêve qui n’en finit pas de revenir, nuit après nuit, et qui a son influence pendant le jour.

Le point de départ est toujours le même. Quatre personnes, dix, parfois plus, vivent recluses loin des villes. Impossible de savoir qui elles sont, ni ce qui les retient ensemble. Déserteurs, utopistes, mercenaires endoctrinés ? Mais qu’importe après tout de comprendre ce que leurs actions préparent. Supposons plutôt que leur seule exigence soit celle d’apprendre à vivre ensemble, de s’accorder intuitivement pour s’approcher au plus près d’une juste coexistence. Ce qui compte, c’est le rapprochement. Ils forment une bande qui s’oppose et se substitue dans le même temps au reste du monde. L’apparente légèreté qui se dégage des premiers films « entre copains » s’est évaporée au profit d’un désir plus ouvert sur le monde.

Comme un rituel magique, les films de Lola Gonzàlez s’ouvrent sur ces jeunes gens tournés vers l’extérieur, vers le paysage. Sont-ils capables d’y voir un signe qu’ils interprètent tous de la même façon? À chaque fois, un bouleversant synchronisme s’installe et crée une situation où la communication passe par les corps qui se frôlent et se touchent volontairement.

On assiste dans les deux films les plus récents, Summer Camp (2015) et Veridis Quo (2016), à un entraînement quasi-militaire accompagné, dans le premier, par une litanie hypnotique et dans le second, par les bruits traumatisants d’une tempête de bord de mer. Si Summer Camp est une longue prière collective, Veridis... [lire plus]

D’après un texte de Cécilia Bécanovic et Baptiste Pinteaux pour Marcelle Alix.

La vidéo Veridis Quo a été produite en collaboration avec le Fonds de dotation Ars Ultima (Paris), le Centre National des Arts Plastiques (Paris) et la galerie Marcelle Alix (Paris).